Conversation avec Deborah Harkness

L’attrait pour ces créatures (et pour les vampires) vient du fait qu’elles aident à expliquer l’inexplicable. Lecteurs et auteurs ont grâce à elles l’opportunité de suspendre leur incrédulité et de se demander : « Comment est-ce que je sais qu’il n’y a pas de sorcières ? » ou, plus important encore, « Et si c’était le cas ? ».

Q. Lorsqu’on écrit un roman avec du surnaturel, il est nécessaire de construire un cadre pour ce monde inventé, un ensemble de règles qui servent à y maintenir une certaine cohérence et donc à en garantir la crédibilité. Est-ce difficile d’établir ce genre de structure et de travailler en la respectant ?

DH. En tant qu’historienne des sciences, j’étudie l’évolution des représentations que les générations précédentes ont eues du monde et de son fonctionnement. Tout au long de l’Histoire, les gens les plus instruits ont cru en des théories alchimiques de la création, c’est-à-dire, par exemple, des combinaisons d’éléments opposés qui aboutissent à une nouvelle vie s’ils sont soumis aux influences terrestres et célestes adéquates. Tout cela était parfaitement logique, compte tenu de leur compréhension du monde et de sa manière de fonctionner. Un certain nombre de ces théories antiques et médiévales m’ont aidée à établir la logique et la structure du monde du Livre perdu des Sortilèges. Une fois qu’elles étaient en place, je les ai trouvées très utiles pour imaginer ce qui pouvait se passer dans ce monde (ou pas).

Q. L’histoire de Diana et Matthew finit sur une tonalité mystérieuse. Qu’avez-vous prévu pour la suite de leurs aventures ?

DH. A la fin du Livre perdu des sortilèges, Diana et Matthew ne se connaissent que depuis quarante jours. C’est très peu pour apprendre à connaitre quelqu’un et en tomber amoureux. Par ailleurs, tomber amoureux est plutôt simple ; encore faut-il le rester et évoluer dans la relation. La suite de leurs aventures commencera exactement où la première s’est achevée, et impliquera toutes sortes de nouvelles découvertes à propos d’eux-mêmes, de l’autre et des créatures avec lesquelles ils partagent leur monde.